Chirurgie et cicatrisation

La cicatrisation

La cicatrisation est un processus naturel qui permet à une plaie, acquise suite à une blessure ou à une incision chirurgicale, de se refermer.

 

Le processus se fait en plusieurs étapes et permet d’obtenir un tissus fibreux épais qui va se modifier au fil du temps. Son aspect définitif est obtenu au bout de 12 à 24 mois, la longueur du processus variant selon chaque individu et en fonction de la zone de la plaie.

 

L’évolution d’une cicatrice dépend dépend de plusieurs facteurs :

  • la position de la cicatrice : certains endroits du corps cicatrisent mieux que d’autres
  • la qualité de la peau : tout le monde n’est pas égal dans la capacité de cicatrisation
  • la nature de la plaie et la technique chirurgicale de suture : la survenue d’accident de la cicatrisation : hématome, infection locale, propreté du pansement
  • les facteurs de risques particuliers comme le tabac, le statut hormonal, l’immunodépression, le diabète, l’exposition solaire, la malnutrition…
  • la prise en charge de la cicatrice en post opératoire.

 

On comprend mieux que tous les facteurs ne sont pas maîtrisables et le résultat final d’une cicatrisation reste imprévisible. Le chirurgien ne fait qu’accompagner son patient dans la phase de cicatrisation pour lui permettre d’obtenir le meilleur résultat possible.

 

En chirurgie plastique et esthétique, le risque cicatriciel est systématiquement pris en compte dès la consultation afin de prendre toutes les précautions nécessaires au cours de l’intervention. Des conseils vous sauront prodigués (massages cicatriciels, crèmes cicatrisantes, protection solaire…) en consultation afin de mettre toutes les chances de notre coté pour une cicatrisation optimale.

Les types de cicatrices

Cicatrice « normale »

Une cicatrisation dite normale est indolore, plane, souple à la palpation, fine et régulière. La différence de couleur avec la peau avoisinante est faible. Les cicatrices sont inévitables, définitives et indélébiles.

Le corps réagit tout au long de la cicatrisation de façon stéréotypée. La cicatrice est au début rouge rosée, gonflée et douloureuse puis s’améliore rapidement avant de connaître un rebond d’inflammation entre 2 à 6 mois. A ce stade, elle redevient dure, rouge et s’accompagne de fortes démangeaisons. Elle évolue progressivement, blanchit et s’assouplit pour devenir mature c’est à dire définitive en 12 à 24 mois.

Cicatrice « pathologique »

Une cicatrice anormale peut revêtir différentes formes :

  • Les cicatrices pigmentées : leur couleur est brune et elles sont plus fréquentes chez les personnes ayant une peau colorée ou celles ayant pris le soleil au cours de la cicatrisation. Des produits dépigmentants peuvent améliorer leur esthétique.
  • Les cicatrices rétractiles : on les retrouve généralement suite à une brûlure. La cicatrice s’est rétréci et apparaît sous la forme d’un cordon fibreux dur et surélevé. Si la cicatrise se situe au niveau d’une articulation, elle gène l’amplitude du mouvement.
  • Les cicatrices élargies : sous l’effet de la tension, une cicatrice peut devenir plus large. Une reprise chirurgicale permet la plupart du temps de l’affiner avec un bon résultat.
  • Les cicatrices déprimées : ce sont des cicatrices qui ont évolué en formant une dépression de profondeur variable.
  • Les cicatrices hypertrophiques : Ils s’agit d’un excès de cicatrisation avec une phase inflammatoire plus importante en intensité et en durée. Les cicatrices sont rouges, en relief et peuvent être douloureuses. Elles se situent généralement au niveau des épaules, du thorax, du dos… et touchent préférentiellement les adultes jeunes. Néanmoins, elles régressent spontanément en 1 à 2 ans.
  • Les cicatrices chéloïdiennes : une cicatrice chéloïde est une cicatrice boursouflée rouge irrégulière et dure. Elle peut être douloureuse, prurigineuse et sensible aux frottements. Elles touchent préférentiellement la partie inférieure du visage, les lobes des oreilles, le thorax, le dos et les épaules. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés : adulte jeune, femme enceinte, peau noire ou asiatique… Elle peut survenir après une chirurgie, un traumatisme mais également à la suite d’une certaines maladies de peau (folliculite, acné…). Contrairement aux cicatrices hypertrophiques, on ne note pas de régression spontanée mais l’évolution est plutôt imprévisible.

    Le traitement des cicatrices pathologiques n’est pas facile, même s’il existe un certain nombre de traitements adaptés ou de retouches chirurgicales.

Comment bien cicatriser ?

Pour tenter d’optimiser la cicatrisation, voici quelques conseils à suivre avant puis après votre intervention.

Préparation avant l’intervention

Nous vous conseillons de nettoyer votre peau comme d’habitude. Pour la chirurgie du visage, évitez le maquillage même pour une petite intervention. Tous les bijoux de la région du corps à traiter doivent être retirés. Les hommes peuvent se raser le visage comme d’habitude étant donné que la peau y est habituée. Toute autre région du corps doit préalablement être épilée par rasage ou épilation à la crème. Il vaut mieux raser la peau deux ou trois jours à l’avance, pour que la peau soit déjà bien remise. L’épilation à la cire chaude, ou l’épilation à la pince et donc à éviter. En cas de soucis, l’épilation sera réaliser dans le service par une aide soignante.

Après l’intervention

L’ensemble des conseils de soins de cicatrice post opératoires vous sera donné lors de votre sortie d’hospitalisation. Les pansements peuvent être tachés de sang les premiers jours sans aucune conséquence pour la suite.

Généralement, des soins avec lavage au savon doux vous seront prescrits et les points seront retirés à la consultation post opératoire à 15 jours (plus tôt en cas de chirurgie du visage). Les bains sont interdits mais la douche est autorisée. Il faut veiller à bien sécher la cicatrise au mieux avec un sèche cheveux en mode tiède. Il faut au maximum éviter toute macération. Les désinfectants ne sont pas nécessaires. En effet, une plaie résultant d’une incision chirurgicale est une plaie type propre faite dans un milieu stérile sur une peau propre et préparée. Seuls les microbes ordinaires, communs chez l’homme, vont réapparaître sur cette peau. La désinfection tue non seulement ces germes qui nous sont nécessaires à la cicatrisation, mais également les nouvelles cellules de la peau qui se forment et qui sont très fragiles. Les antibiotiques ne doivent être utilisés que dans certains cas, qui sont rares en pratique.

Pour bien cicatriser il est nécessaire également de bien bouger. L’activité permet de limiter l’œdème en facilitant le retour veineux et lymphatique (en plus du port de bas de contention et surélévation en cas de chirurgie des membres). Ne faites néanmoins pas de grands efforts pouvant causer des tensions sur la cicatrice ou des hématomes. C’est pourquoi le sport est contre indiqué pendant une certaine période.

De même, l’alimentation doit être variée et équilibrée. En effet, une bonne hygiène de vie, une bonne alimentation, et une bonne immunité optimiseront le processus de cicatrisation. Notre corps est très sensible à ces conditions dans le processus de cicatrisation. Ainsi la malnutrition ou les carences (protéine, vitamines…) ou encore les maladies diminuant notre immunité (comme le diabète) sont responsables d’une cicatrisation de moins bonne qualité et souvent plus longue.

Le tabac est bien sur à éviter (voir le chapitre ) 1 mois avant à 1 mois après l’intervention. En effet, le tabac ralentit d’une part la cicatrisation et favorise le risque d’infection du site opératoire.

Dès ablation des points, les pansements ne seront plus nécessaires et une application pluri quotidienne de crème cicatrisante (prescrit par votre chirurgien) permettra de parfaire le résultat et de soulager les symptômes de sécheresse cutanée très fréquents. Un auto massage appuyé lors de l’application de la crème permettra de l’assouplir. Dans certains cas, des massages par un kinésithérapeute (massage manuel ou endermologie) peuvent complétés la prise en charge. De même, en cas de risque d’évolution chéloïdienne, nous pourrons vous proposer l’application de pansements siliconés voire l’usage de vêtements compressifs ou d’injection intra cicatriciels de corticoïdes.

L’exposition au soleil doit être évitée au maximum pendant la période de maturation cicatricielle (1 à 2 ans). Une protection vestimentaire ou une application régulière d’écran total (indice 50) sont donc nécessaires.

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